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Antonia journal 1965-1966 di Gabriella Zalapì.

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On se glisse entre les draps noirs qui recouvrent chaque miroir du gynécée moral d’Antonia. Palerme, Sicile 1965. Une terre difficile, rugueuse, calcaire et volcanique.
Les heurts de l’île ne sont pas tendres. La géographie palermitaine se confond à l’asphyxie de la vie domestique d’Antonia. Acre la vie qu’elle respire aux côtés de Franco, le mari insaisissable.
« Le temps qui passe est du mercure ».
Les confidences de cette femme, possible cousine de la Modesta di Goliarda Sapienza montent, page à page, de cette terre concrète, comme des fumées lentes. Feu de bois, feu de forêt, feu de cœur. Mais ces fumées montent dans un ciel clair et vide et prennent une consistance étrange. L’auteure écrit Antonia par l’image. Toutes les photos du journal d’Antonia, comme suspendues, sont mystérieuses.
Comment une femme sicilienne peut-elle sortir de l’enfermement ?La fiction permet de combler les absences. La langue est simple, posée comme pour mieux mimer le processus de la mémoire. Gabriela Zapanì prend son temps. Le temps de l’île, des paysages minéraux à la végétation courte et robuste à la manière des femmes de l’île dans leur vie quotidienne. Cette dimension revêche et tactile de l’enfermement.
On ausculte le journal d’Antonia comme le corps tanné de la Sicile. On entend cogner le rythme du cœur profond , celui de cette parole patriarcale qui bourdonne dans les ruelles siciliennes et dans la tête des femmes. On lit la modernité problématique dans laquelle la Sicile bute sur ses propres contradictions et à laquelle se confronte Antonia. Le soufre est l’orfroi de l’île, le souffle son officine.
Dehors un peu de fraîcheur pour Antonia. Des pierres roulent parfois sur le côté quand l’île est peine.
Puis le journal se referme , lieu du surgissement des souvenirs
...Antonia, raccontami ancora i tuoi segreti....

Antonia, journal 1965-1966 di Gabriella Zalapì , ZOE.

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