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Journal pauvre de Frédérique Germanaud

Certains livres nous tiennent compagnie plus que d'autres. Celui-ci tient chaud. Le titre d'abord. Journal pauvre. L'écrit au quotidien d'une femme qui décide de se retirer de la vie salariale. Une année à se consacrer à l'écriture.
Elle s'interroge au fil des jours sur l'utilité des biens accumulés au fil des années dans son 70 mètres carrés. Elle s'interroge également sur un mode de consommation plus local, celui de proximité. Se retirer du carcan de la vie salariale ne veut pas dire retrait de toute vie sociale. Elle organise des temps de résidence d'écriture. Des échanges avec des lecteurs passionnés, d'autres moins. La curiosité de chaque rencontre, son authenticité parfois. L'infiniment petit du quotidien. Elle écoute la radio, nous parle de poètes, d'auteurs.
Ma lecture fut entrecoupée de recherches. La lenteur des petits sauts entre la lecture du journal et celle des auteurs cités. La sérénité des journées ponctuées de cours de dessins, l'économie de partage, la simplicité d'une table de cuisine autour de laquelle on parle littérature sans fard.
Frédérique Germanaud tire les fils du livre et les croise avec ceux de la vie. Ce rapport au temps, au silence aussi, à la solitude, plus que nécessaire. Et puis tous ces noms d'auteurs que j'affectionne particulièrement Ariane Dreyfus ( en mémoire cette rencontre dans une cave d'un bistrot littéraire ), Pirotte, Alexandre Bergamini, René Char, Antoine Emaz...
Ce livre est une cabane essentielle, il nous repose du bruit du monde.
Dans cette petite librairie lilloise, j'ai emporté Journal pauvre en même temps que Des Routes de Carole Zalberg, citée à la page 57, et associée à cette femme et son texte que j'aime tant L'écriture et la vie de Laurence Tardieu.

Ce journal est d'une grande beauté.

" Il y aurait tant de choses à écrire, à retenir dans les pages d'un cahier. Tant de choses qui s'échappent. En cela aussi, le journal peut être dit pauvre. Il n'attrape qu'une infirme portion de la richesse du monde. Nous prenons de nos nouvelles chaque matin et de cela il ne restera aucune trace. Ces petits mots de l'éveil m'importent pourtant. Manière de prendre soin. Malgré l'absence. "

Tu sais, j'ai reposé Journal pauvre dans le carré précieux de ma bibliothèque, à côté de Pirotte, d'Antoine Emaz...

 

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