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Ceux qui partent de Jeanne Benameur

Retrouver cette photo, début d’été. En plein cœur de Lille, me réfugier dans un café. Écouter Divenire de Ludovico Einaudi au casque. Une bulle.

L’incipit c’est une photo d’Andrew. 1910, Ellis Island.

Le temps d’un jour et d’une nuit. 327 pages, et cet interstice entre deux mondes.

Des pages sur ce moment de bascule quand l’homme quitte ses repères. Un regard neuf à la porte d’entrée du rêve américain entre vaillance et peur.

La photo est un instant suspendu, le texte est une prise de recul nécessaire sur ce qui bouleverse notre monde et la question migratoire actuelle.

Un thème qui ulcère et dont le roman offre ce grand espace de liberté pour réfléchir et comprendre.

Quand on perd sa langue maternelle, reste le désir des corps. Émilia l’érudite mélangera sa sueur à celle du gitan, aux portes de l’Amérique.

Émigrer c’est s’accrocher aux branches d’un arbre et demeurer éveillé constamment pour ne pas tomber, si l’on veut obtenir un ticket d’entrée.

Les migrations sont comme les marées et les vents, les orbites des planètes et l’accouchement, des phénomènes qu’il n’est pas donné d’arrêter.

Andrew, fils de la haute bourgeoisie américaine, de père islandais et de mère américaine de pure souche, photographie le regard de ceux qui partent, leur vie compliquée qui se rêve fruit doux, même si l’avenir restera filandreux.

Le parfum du privilège d’Andrew est comme la sale odeur de la pauvreté, il a beau se laver les mains, ce parfum ne partira jamais.

Les rencontres font que nos vies basculent. Les livres ne font que les bousculer davantage encore, entre représentation collective et questionnement intime.

Ceux qui partent de Jeanne Benameur, Actes sud.

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