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Je voulais naître vent d’Andrea Gentile.

« Non voglio mica la luna

Vorrei due ali d’aliante per volare sempre più distante »

Pour certains livres, je sens que le marque-page sera inutile car rares sont les livres de littérature de jeunesse sur la Sicile, encore moins lorsqu’ils choisissent de parler de la Cosa Nostra.

Andrea Gentile propose de raconter l’histoire de Rita Atria. En 1992, elle a dix-sept ans. Elle s’est installée à Rome, sous une fausse identité parce qu’elle a grandi dans l’antre d’un monstre invisible que l’on nomme la pieuvre ou la Mafia. Vito et Nicola sont des hommes d’honneur, l’un est son père, don Vito, un parrain respecté, l’autre son frère qui suit la même voie.

Rita a décidé de rompre la loi du silence en parlant au juge Paolo Borsellino. Comme Procureur de la République, il pense à l’intérêt de tout le monde et aussi à celui de l’état.

« Rita. Tu pourras toujours retourner dans le passé pour te réfugier, mais l’avenir est le seul endroit où nous pouvons aller. »

Aux yeux du monstre, elle n’est qu’une picciridda, une gamine. Elle nous raconte une stranizza d’amuri. Une histoire d’amour, avec la guerre dehors. Un drôle d’amour.

Les dialogues entre la témoin de justice et le juge d’instruction sont inventés mais ce moyen narratif permet très judicieusement de susciter l’intérêt du jeune lecteur. Je ne sais pas si cette histoire très ancrée dans les mentalités siciliennes peut troubler le jeune lectorat français qui connaît peu l’histoire de la Sicile. C’est un problème italien mais la mafia est présente partout dans le monde. La matrice culturelle de la mafia nous est contée au début des entretiens. Et puis le juge Borsellino va convoquer des héros qui ont la force de leur courage, c’est tout, pas de super pouvoirs. L’histoire de la Sicile et de l’Italie est pleine des histoires qu’il raconte à Rita. Par ce biais, on apprend l’endoctrinement des monstres sur les plus faibles. Tu corromps, tu es corrompu.

-« Giusè, le seul moyen de se sauver, c’est d’écrire »

D’écrire ou de parler avec des gens de confiance avec lesquels il faut tout de suite se libérer des secrets.

Ce roman sur l’histoire vraie de Rita Atria qui a défié la Cosa Nostra au côté de Paolo Borsellino est intelligent dans sa construction et le message qu’il sous-tend: la mafia est « une excroissance perverse d’une mentalité » ( Padovani). Elle n’est pas seulement une forme de criminalité mais également un phénomène culturel, avec une mémoire collective et une idéologie propres.

J’ai lu ce livre en quelques heures , il a été pour moi une lumière sur un continent en miniature, celui longuement commenté dans mon enfance par mon grand-père sicilien.

Volevo nascere vento d’Andrea Gentile, traduit en français par Marc Lesage Je voulais naître vent, École des loisirs, collection Médium plus.

( les livres en arrière plan sont édités chez La Contre Allée, la carte postale représente la Trinacria)

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