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vendredi, 18 avril 2014

La Caravane de Kochka.

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Un court texte publié chez Thierry Magnier éditions dans la collection Petite poche. Un texte dans lequel je pioche des phrases  pour tenter d'attirer la curiosité des enfants que j'accompagne. Ce petit livre aborde la scolarisation des enfants du voyage. Un sujet difficile puisque la vie itinérante ne permet pas toujours l'accès aux écoles pour les enfants de la communauté. De plus, l'éducation repose essentiellement sur l'oralité. On trouve peu d'écrits dans la culture tsigane, et encore moins des livres dont les enfants gitans sont les héros. Il en existe mais les titres sont peu nombreux.

La porte de l'école s'ouvre pourtant pour Jessy. Elle parcourt les routes avec sa famille et sur les lieux de campement, elle est inscrite provisoirement dans l'école communale, l'école de Jeanne. Jeanne et Jessy deviennent amies.

La lecture n'est pas une priorité pour la communauté tsigane, pourtant Django, le père de Jessy, souhaite qu'elle apprenne à lire et à écrire.

Dans la classe de CM1 de Madame Hallart, Jessy prend vite conscience qu'elle n'est pas comme les autres. Les vies sont différentes mais les enfants ont tant à apprendre les uns des autres.Jeanne collectionne les bruits de la montagne, elle ne peut que s'entendre avec la petite gitane.

On apprend mieux dans un esprit d'amitié.Mais comme toujours la quiétude du quotidien semble être bouleversée. Jessy, fille du vent, n'est que de passage.

Le vocabulaire simple, la typographie en gros caractères permet une lecture aisée pour les apprentis lecteurs ou les enfants non allophones.

Pour M.B.

 

 

mardi, 08 avril 2014

Je m'appelle Nako de Guia Risari , illustrations Magali Dulain.

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Nako est un jeune garçon de la communauté des gens du voyage. Ceux que l'on appelle Tsiganes, Manouches, Bohémiens, Gitans, Romanichels, Sintis, Roms ou nomades.

Guia Risari s'intéresse aux gens qui n'ont pas de frontières, aux oiseaux de passage. Nako évoque son quotidien, à l'école où l'intégration est difficile. Il parle de sa maison avec des roues, de ses espoirs, ses rêves. On apprend à ses côtés la richesse de la culture tsigane, des coutumes, du sens accordé aux mots et dictons, aux valeurs de la communauté. L'histoire des tsiganes n'est pas écrite, ce sont des traces, des histoires qui se racontent. Nako nous explique les noms donnés par les gadjé, des noms inventés, utiles pour l'administration. Ces noms n'évoquent rien pour les tsiganes.

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L'album révèle un foisonnement de styles et celui de l'illustratrice offre une jolie inventivité sur cette narration singulière. Les dessins de Magali Dulain illustrent parfaitement la spécificité du texte, certains dessins me rappellent ceux d'Audrey Calléja. Elle réussit brillamment à suggérer l'espace de liberté des campements tsiganes. Ses dessins miment l'expérience illusoire du temps et du mouvement.

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A la fin de l'album, la chanson tsigane "Djelem, Djelem" de Zàrko Jovanovìc Jagdino est mise à l'honneur. L'hymne du peuple gitan fait référence à Porajmos (la dévastation): l'extermination des Sintis par les Nazis.

Un bel album publié chez Le Baron perché avec des images remarquables pour honorer ce jour la journée internationale des Tsiganes.

mardi, 25 mars 2014

La Jeune fille à la laine de Seungyoun Kim.

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Très sensible à la thématique du fil de laine comme ligne du temps  de ce fil de vie qui nous unie et nous relie, j'étais curieuse de découvrir cet album jeunesse.Il s'ouvre sur une double page au point mousse.

Une future maman apprend la naissance à venir d'un bébé alors qu'elle mange une pêche au goût sucré. C'est une jolie petite fille au teint rosé qui voit le jour. Mais cette petite fille semble avoir un noyau coincé dans la gorge car les paroles ne viennent pas.Le mutisme de la petite fille interroge son entourage mais le fil de la vie reprend son cours et chacun retourne à ses occupations.

La maman s'adonne au tricot et la petite fille s'exclame "Lalènne". L'unique mot qui apporte la joie à cette mère, soucieuse pour son enfant.

La pelote de laine se déroule avec la répétition de cet unique mot pour tout bagage. La jeune fille avance à cloche-pieds sur le fil de la vie, celui qui la mène vers l'amour.Avec la laine, elle se crée un papa.

Le graphisme épuré représente grand nombre des émotions tues dans cette relation fusionnelle entre la mère et la fille. L'espace blanc semble mimer l'absence du père dans cette relation filiale.Le pelote se déroule, comme la langue se délie et les mots affleurent sur les lèvres de Lalènne.

La délicatesse des dessins apporte de belles précisions sur les non-dits.

Beaucoup de poésie et de délicatesse, à la manière de Davide Cali dans Moi, j'attends(ED Sarbacane)dans cet album de cette talentueuse coréenne paru chez Didier Jeunesse.

jeudi, 20 mars 2014

La Fabrique du monde de Sophie Van der Linden.

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J'ai beaucoup lu les ouvrages de recherches de Sophie Van der Linden en littérature d'enfance et de jeunesse, j'étais curieuse de la lire pour ce premier roman publié chez Buchet-Chastel, en Septembre 2013.

Le thème choisi est celui de l'enfance et du monde du travail. Nous sommes en Chine, de nos jours, même si j'avoue que dès les premières pages, la narration nous emporte tellement dans une bulle qu'il est difficile de situer le temps de l'action.La subjectivité est importante dans ce récit à la première personne et au présent.

Mei est une paysanne de dix-sept qui connaît parfaitement le sens du mot sacrifice: tandis que son frère regagne les bancs de l'université, les parents de Mei l'envoient à l'usine. Telle une petite ouvrière, elle oeuvre pour la ruche sans compter ses heures, sous le regard et la perversité des contremaîtres.

La réalité du monde du travail est narrée avec beaucoup de vraisemblance et pour fuir la noirceur du quotidien, Mei rêve.

La cadence du quotidien entre machines, dortoirs, tissus et commandes lui laisse peu de temps pourtant à la rêverie. Sophie Van der Linden souligne le bonheur apporté par la lecture grâce au seul et unique livre de Mei, emporté à l'usine. Toutes les ouvrières attendent avec impatience le soir venu pour s'offrir un bonheur de lecture oralisée grâce à Mei.

Beaucoup de candeur dans ce récit d'apprentissage qui ravive mes premiers souvenirs de lecture lorsque j'empruntais dans la bibliothèque modeste d'une petite ville du Nord les romans de Pearl Buck.

L'aliénation au travail me rappelle une lecture plus récente , celle d'Une Histoire de peau, recueil de nouvelles de Jeanne Benameur.

Un très beau texte pour sensibiliser aux dérives du monde du travail, à la fabrique du monde de cette Chime, grand pays producteur.Au delà du roman social, j'ai aimé la naïveté et la manière dont Mei fabrique son propre monde.C'est une voix singulière qui nous emporte dans ses rêves, dans ses aspirations les plus profondes.

Et puis,la vie peut parfois basculer...

 

vendredi, 07 mars 2014

Une Histoire de peau de Jeanne Benameur.

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Trois nouvelles d'anticipation sous la plume de Jeanne Benameur, voilà qui est très prometteur. Ce n'est pas la nouvelle éponyme qui m'a le plus séduite mais plutôt "Travaille, travaillons, travaillez". L'utopie n'est ni un simple rêve de bonheur collectif, ni un programme révolutionnaire, la fiction politique est vouée à la recherche d'une harmonie parfaite, aussi désirable qu'improbable, de la cité humaine.

Mise en scène d'une société où le credo repose sur le "travaillez plus" dans une quête effrénée de la montée des échelons. Dans ce pays utopique, les pères minimisent leur temps de sommeil pour accorder plus de temps à l'entreprise. Les enfants, quant à eux, ne doivent plus alourdir leurs esprits de choses inutiles comme l'histoire, la géographie, la littérature et la philosophie. Dans les écoles, on ne parle plus que de l'économie, reliée à la majestueuse entreprise, figure emblématique de toute la société.

Tout en haut de la pyramide, les hommes ne dorment que deux à trois heures par nuit, et tout en bas dans les couloirs du métro, hommes et femmes surnommés "les misères" attendent qu'on les alimente en "air nourissant".

Cette nouvelle fut écrite en l'an 2000, à l'heure actuelle la frontière entre réalité et fiction semble  se rétrécir. La lecture de ce recueil permet l'interrogation et le débat sur les principales questions d'ordre politique, social, économique, psychologique qu'il soulève. 

Pourquoi se donner la peine d'inventer et de présenter un monde imaginaire, un monde supplémentaire, plutôt que d'investir le champ plus évident de la géographie réelle? Jeanne Benameur apporte une image de la création littéraire elle-même: écrire c'est toujours créer un autre monde, et le recours à un monde imaginaire constitue donc une sorte de création "au carré", une mise en évidence du rôle de l'imagination.

Le risque serait que cette littérature utopique ne nous parlerait plus que d'elle-même, de se fasciner pour sa propre image, métaphore de la création et de ses limites. Jeanne Benameur réussit à nous plonger dans un monde alternatif qui conteste la réalité et brouille les frontières.

Les épilogues des trois nouvelles sur le travail aliénant, la recherche de la jeunesse éternelle et la place du rêve sont propices à la réflexion et laisse émerger la doctrine des anciens philosophes: "Il suffit qu'un homme soit libre pour que tous le soient". 

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jeudi, 20 février 2014

La fête du slip!

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Aujourd'hui c'est la fête du slip! Oui, chers lecteurs, je suis débordée par ma charge d'enseignante mais je ne pouvais pas honorer cette journée, sans parler du texte de Thomas Gornet et Anne Percin Le Jour du slip/ Je porte la culotte, édité chez Rouergue.

Ce texte je l'ai lu à mon fils de huit ans, qui comme vous pouvez le remarquer joue autant aux playmobils chevaliers qu'à la dînette.

Le concept est plutôt original, d'un côté l'auteur choisit de raconter le réveil d'une petite fille en petit garçon et vice versa, si l'on choisit d'adopter l'autre récit.

Alors, c'est drôle et bien pensé. On évoque les tourments de Corinne et Corentin dans la peau de l'autre sexe. Le sexe, justement parlons-en. Il est habilement évoqué, avec beaucoup d'humour. On souligne les attitudes, les réactions, les habitudes "propres" soit-disant à chaque sexe. On apprend que l'on s'amuse autant dans la peau de l'autre. 

Ce qui s'apparente d'abord à un cauchemar dans la tête des narrateurs de CM1 devient un jeu subtil qui évolue vers un doux rêve.

Le procédé des deux histoires narrées en miroir pour se clore sur le regard face à face d'un garçon et d'une fille est propice à la réflexion. Celle du regard que l'on porte sur l'autre, de l'analyse faite sur le choix des activités et l'ouverture d'esprit. Il n'est question que de bienveillance dans ce texte.

Sinon, mon fils fait aussi du tricotin, n'en déplaise à certains...

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Mais une lecture qui dérange...alors passez chez  Stephie!

 

dimanche, 16 février 2014

Il faisait chaud cet été-là d'Agnès de Lestrade.

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Retour à l'adolescence en compagnie de Violette et Blanche.Dès l'incipit, une ambiance amicale entre les deux jeunes filles aux caractères opposés, une Blanche, jeune fille discrète et transparente voire insignifiante face à Violette au caractère affirmé, éblouissante parmi les autres.Agnès de Lestrade décrit intelligemment cet attrait et cette fascination pour autrui, cette jeune femme que Blanche prend pour modèle. Et puis toute cette idéalisation de l'autre dans ce qu'elle montre au quotidien. Un très bon roman pour adolescents qui prouve le simulacre du monde des apparences.

Il faisait chaud cet été-là...et quelques pages plus loin on abandonne la légèreté des vacances pour apprendre la vraie personnalité de Violette. Le climat se fait de plus en plus lourd, l'atmosphère devient pesante et n'est pas le simple  résultat du soleil qui plombe les journées de vacances.

Le suspens grandit...Violette souffre et promet à Blanche de faire des efforts.Les vacances sont bouleversées, tout bascule.Le malaise prend place.Blanche est bercée par les apparences et ne parvient que difficilement à cerner son amie.

Quel drame se cache sous les beaux atours de Violette? Quelle folie ou trouble la poussera à commettre l'irréparable? Quelle forme prendra l'impact de sa bipolarité?

Un thriller psychologique bien mené même si certains passages mériteraient un développement plus poussé.

"Quelquefois je t'observe. Quand tu ne sais pas que je te regarde, ton visage n'est pas le même. Il est plus ombrageux. Comme si le ciel bleu se couvrait soudain de gros nuages noirs. Comme si le tonnerre allait gronder, le vent souffler, la tempête se lever." 

mercredi, 05 février 2014

Sept jours à l'envers de Thomas Gornet.

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La vie surprend parfois. En une semaine, tout est chamboulé: le quotidien ordinaire, ses banalités et son tempo régulier.Le narrateur remonte le cours des jours, pour revenir sur ce dimanche après-midi où un événement s'est produit.

Livre inversé où le récit débute par sa fin, il pourrait presque se lire à l'envers. Thomas Gornet utilise une structure surprenante et malicieuse pour apprendre à connaître notre jeune narrateur de douze ans.On remonte le fil des jours, cherchant à comprendre quelle personne est morte. On émet des hypothèses, très vite anéanties par  quelques expressions qui nous rappelle qu'il est fils unique, la présence du père mais aussi celle de la mère. 

L'écriture est judicieuse, on accompagne chacun des protagonistes dans la douleur, on oscille sur le fil de la vie et la bobine s'enroule à nouveau, dans l'autre sens.

Les personnages ne sont pas nommés, alors nous tentons de dénouer la boucle petit à petit avec beaucoup d'empathie.

Le procédé est judicieux et permet d'évoquer l'indicible. Cette immersion dans la famille marquée par le chagrin est drôlement habile puisqu'elle ne tombe jamais dans l'écueil du pathos. La forme du récit adoucit presque la tristesse du sujet, un beau livre délicat propice au dialogue.

Encore une jolie pépite chez Doado, Rouergue.

mardi, 04 février 2014

Fugueuses de Sylvie Deshors.

 

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Une collection Doado chez Rouergue que j'aime particulièrement. Une libraire m'a vivement recommandé sa lecture après nos échanges sur le dernier livre de Jeanne Benameur.

J'aime les récits féminins, le parcours de femmes déterminées alors je suis partie à la rencontre des fugueuses.

Lisa a seize ans, Laurie dix-sept. Amies depuis le collège, elles harmonisent leurs différences de caractères, l'une révoltée, l'autre rêveuse pour s'unir dans une même cause. Les deux amies fuguent et trouvent refuge à Notre-Dame-des-Landes, elles retrouvent des opposants à la construction d'un aéroport au coeur d'une forêt.

Inspirée de faits réels, l'histoire évoque la vie communautaire et militante. Loin du quotidien banal, les deux jeunes filles feront l'apprentissage des prises de position, de l'engagement, de certains choix pour changer le monde.

Une militante, Jeanne, plus âgée vient ponctuer le récit de sa propre expérience de vie dans les réminiscences de Mai 68.

Le combat écologique dans cet univers collectif nous apprend beaucoup sur ce que les médias ont tu.

L'histoire de ces deux jeunes filles, forgeant leurs propres convictions en puisant ici ou là, s'initiant à la marche du monde contemporain selon leurs propres désirs, sans maître à penser ou gourous tente de convaincre les femmes à prendre leur existence en main. 

Fugueuses permet de s'informer sur la division du monde entre capitalistes et altermondialistes et éveiller les consciences sur le monde contemporain. Un beau texte offensif sur le thème de la rébellion, la quête de liberté et la construction de soi. Sylvie Deshors cite les textes de Rosa Luxemburg, Nâzim Hikmet et Aimé Césaire pour enrichir la réflexion.

 Pour mieux connaître la collection Doado, chez Rouergue.


Sylvie Gracia - Collection doado des éditions... par Librairie_Mollat

mardi, 07 janvier 2014

Une saison avec Jane-Esther de Shaïne Cassim.

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Rentrer dans une petite librairie indépendante, toujours en Bretagne...se poser, prendre un thé et puis timidement aborder la libraire...lui demander enfin quel est son coup de coeur actuel en jeunesse...

Avoir le roman de Shaïne Cassim entre les mains, l'emporter et découvrir...

Près du fleuve, dans une petite ville du Mississipi, Eden Villette veut écrire des textes poétiques. Nous sommes en 1967, les Etats-Unis débattent autour du mouvement des droits civiques entre réformistes et partisans d'une action radicale.

Et Jane-Esther? Elle arrive en ville pour donner une conférence, forte de sa gloire littéraire. Elle retrouve ses amies de jeunesse à savoir Kate, la tante d'Eden et Edna Gardner. A la mort de Kitty (la mère d'Eden) toutes trois se sont promises de prendre sous leurs ailes la jeune Eden.

Le souhait de la jeune fille se réalisera-t-il cet été-là? Elle admire la talentueuse Jane-Esther, elle apprend grâce à elle à organiser ses idées. Roman d'apprentissage où la jeune Eden livre ses tourments telle une tempête sous un crâne. Cette faculté à s'épancher peut séduire les jeunes lecteurs même s'il peut laisser perplexe les lecteurs plus avertis.

Ce roman est un bel hymne à la création poétique, très loin des rebondissements qui caractérisent la littérature jeunesse actuelle. Shaïne Cassim choisit la magie des mots pour mettre en scène ses personnages. Sur fond d'Amérique divisée,avec les Blacks Panthers, on accompagne Eden sur le chemin des sentiments. L'adolescente cherche sa voie, s'interroge sur ses choix de vie. Elle cherche une façon  plus digne d'être au monde. Eden tente d'affronter le monde, le bouscule et le questionne à l'aide des mots, de la poésie où s'invitent des poules aux coudes pointus.

Nous sommes proches du fleuve, le temps passe, la maturité d'Eden s'affirme. Un roman féministe d'une beauté subtile mais parfois les turpitudes d'esprit de la jeune Eden rendent la narration confuse.

Beau roman qui me rappelle le film Bright Star de Jane Campion...

La couverture est illustée par la talentueuse Kitty Crowther.

jeudi, 12 décembre 2013

Si même les arbres meurent de Jeanne Benameur.

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L'indicible en littérature jeunesse, voilà un thème qui attise beaucoup ma curiosité. Que dire, comment le dire, pourquoi le dire?

C'est à toutes ces interrogations que Jeanne Benameur répond joliment et poétiquement dans ce court texte.

Céline et Mathieu attendent dans les couloirs de l'hôpital. Leur papa est dans le coma. Leur maman est anéantie par le chagrin. Il pourrait être très triste ce texte mais il ne l'est pas car l'auteur réussit brillamment à inventer un univers, un monde imaginaire dans lequel évoluent les enfants.Leur père sera-t-il un héros plus fort que la mort?

Il est parfois difficile de trouver les mots face à la fatalité qui nous rend,nous les adultes, impuissants. C'est la force de l'imagination qui permet à Céline et Mathieu de surmonter la douloureuse attente.

Roman délicat qui se referme sur les douces paroles du sage Issaïa "on continue d’aimer parce que notre coeur de vivant continue de battre; Tu sais, les dates des venues au monde, des départs loin du monde, le coeur ne connait pas. Il ne lit pas les chiffres. Il sent seulement et c’est un bon guide pour le chemin. Mathieu écoute. Les paroles de l’homme ont rencontré son chagrin. Sans bruit, il s’est mis à pleurer."

Merci Christine.

 

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mercredi, 11 décembre 2013

Orphée Dilo et autres contes des Balkans Muriel Bloch/ Eric Slabiak/Gérard Dubois

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Je vous emmène à la rencontre d'Orphée Dilo. Joli nom pour un musicien errant. Muriel Bloch, la conteuse, l'a croisé avec son chien et son accordéon. Sa voix nous emporte et nous conte avec délice l'odyssée de cet homme sorti tout droit de la mythologie. 

"Les Balkans souffrent d'un trop plein d'histoire. [...]

Ici chaque peuple se croit forcé de faire quelque chose de grand. La seule chose de grand que nous ayons à faire c'est de vivre ensemble."

Paroles d'un macédonien, Balkans-transit, François Maspéro, Points Seuil.

 

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Un peu d'Occident, un peu d'Orient, Juifs, Orthodoxes, Musulmans, de la Thrace aux Carpates...tant de belles histoires nous sont contées de l'immense Empire Ottoman. Les tsiganes y avaient trouvé leurs chimères, sans cesse les guerres ont défait les frontières.

La musique d'Eric Slabiak (Les yeux noirs)offre un beau voyage sonore aux influences tsiganes.

Les illustrations de Gérard Dubois donnent à voir des petits tableaux patinés par le temps pour cette Macédoine, terre de musique, de mélancolie et de joie.

Les motifs qui encadrent chaque texte rappellent les ornementations d'Orient. 

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Ce bel objet est l'illustration même du bonheur tangible pour un peuple marqué par la tragédie.

Melina Mercouri vient nicher au creux de cet écrin une sublime chanson en honneur à l'amour maternel de Vana.

Comment le hérisson parvint à empêcher le soleil de se marier, pourquoi les Tsiganes furent dispersés sur la terre, ou comment Mélina la maline, fille du tailleur, parvint à se faire épouser par le roi... sans oublier l'odyssée endiablée d'Orphée Dilo... 

C'est un grand coup de , publié chez Naïve.


mardi, 10 décembre 2013

Petits poèmes pour passer le temps de Carl Norac et Kitty Crowther.

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Pour passer le temps, en attendant Noël, lire les poèmes de Carl Norac, des petites pépites...

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Réussir à partager ce plaisir avec un korrigan de huit ans "mais c'est la dame qui a fait de la mort une petite dame gentille, c'est Kitty Crowther, la maman de Scritch Scratch Dip Clapote" ...

 

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"Tiens c'est Virgule..."

 

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"Ce poème là, il faudra le dire à papa quand il rentrera..."

 

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"Ta copine Isa, elle a un coeur comme ça..."

Merci à  Un autre endroit !

vendredi, 01 novembre 2013

Frida et Diego de Fabian Negrin.

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J'aime beaucoup ressortir cet album jeunesse à la fête des morts. Il évoque l'histoire de Frida Kahlo et Diego Rivera sous une allure enfantine.

A la fête des morts, une grande veillée est célébrée au cimetière. On apporte des offrandes aux défunts. Sur des morceaux de tissus rouges, ils disposent de façon géométrique les plats préférés des défunts et tout autour des vases débordant de fleurs jaune orangé.

Sur fond de culture mexicaine, on suit les aventures des jeunes Frida et Diego. L'auteur s'est amusé à reprendre les particularités de chacun, en cultivant pour Diego l'image du pachyderme gavé de têtes de mort en sucre et de la belle colombe . La réputation d'ogre et de séducteur de Diego est joliment mise en scène dans cet album aux couleurs chatoyantes. Frida poursuit Diego dans le cimetière, après l'avoir surpris  lorsqu'il embrassait Rosa Spinosa. Ils vont passer de l'autre côté du miroir et découvrir le monde des morts et ainsi apprendre à surmonter leur peur.

Voici un joli reflet de la culture mexicaine dans sa dualité originelle.

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 En attendant ma visite au Musée de l'Orangerie pour l'exposition Frida Kahlo/ Diego Rivera du 9 Octobre 2013  au 13 Janvier 2014, je m'enrichis de nouvelles lectures.

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jeudi, 31 octobre 2013

Double jeu de Jean-Philippe Blondel.

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"C'est ce que je veux faire.

C'est ce que je veux faire de ma vie.

Partir à l'autre bout du monde dans des peaux qui ne sont pas les miennes. Dans les peaux de papier qu'un écrivain mort a créées, des années avant ma naissance.
Incarner.

Je veux incarner." 

 Le lycée Clémenceau, chez les bourges. Voilà le sort réservé à Quentin, cet adolescent en rupture scolaire. Il tentera d'être discret dans ce nouveau lieu, transparent même, dans cet univers où son passé le poursuit.

Le narrateur Quentin, âgé de 16 ans, nous emporte dans la narration. Les phrases sont courtes, les dialogues incisifs.

Comment peut-on évoluer sereinement dans un nouveau cadre social où les codes nous échappent? Comment réagir dans ce nouvel environnement? S'adapter? Se révolter? Rester soi-même? Comment s'épanouir?

Comment  faire abstraction des préjugés? L'éducation nationale en est-elle capable?

C'est à toutes ces questions que Jean-Philippe Blondel  tente de répondre brillamment en soulignant les écueils du système éducatif.

Quentin attend la rencontre avec la personne qui surmontera les préjugés. C'est l'histoire d'une rencontre avec l'art,également, celui du théâtre et c'est un beau moment de lecture.

Je remercie Bouma.

jeudi, 27 juin 2013

La tête dans les choux de Gaia Guasti.

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La quatrième de couverture nous annonce un retour à la terre: les péripéties de la famille de Margotte, des néo-ruraux. Programme très prometteur et joliment mené sous la plume de Gaia Guasti.

Et pourtant Margotte, treize ans, semble très mécontente du choix de vie de ses parents. Quel est l' intérêt de moisir au fin fond de l'Ardèche comme les pâtes de fruits que sa mère s'entête à fabriquer "homemade"?

Margotte se joue de toutes les manies des objecteurs de croissance. Non sans ironie, Gaia Guasti souligne avec brio la cocasserie des situations de ce couple de néo-ruraux.

Dans le hameau de dix-sept habitants, Margotte fait la connaissance d'une jeune fille plutôt mystérieuse, nommée Justine. Lors des trajets en bus que Margotte supporte difficilement malgré l'enthousiasme du chauffeur Chérif pour la soutenir, elle prendra connaissance de ses congénères grâce aux propos très peu rassurants de Justine.

Elle rencontre également le beau Théo et ses dreadlocks et le hameau prend tout à coup une couleur plus sympathique.

Malgré les joies des découvertes de la nature, Margotte craint que sa soeur, petite fille à paillettes de quatre ans, ne perde de sa splendeur dans cette campagne.

C'est pourtant grâce à Clairette que Margotte apprendra les mystères du hameau des Chastaniers.

La voix de Margotte, narratrice, nous emporte dans les péripéties de la petite famille. Même si la succession des événements est plutôt sobre, le lecteur s'amuse beaucoup avec l'ironie des propos. L'humour de l'auteur ne manquera pas de charmer les jeunes (et moins jeunes) lecteurs.

Le portrait de Margotte, assez renfrognée, jeune fille qui réfléchit beaucoup (trop?) peut permettre avec aisance une certaine identification. Elle cultive l'ironie à son propos et le bain de paroles qu'elle nous livre ne peut que laisser sur nos lèvres un doux sourire.

J'ai très envie de découvrir Mayo, ketchup ou lait de soja et La dame aux Chamélias de Gaia Guasti.

Roman publié chez Thierry Magnier, Avril 2013.

lundi, 24 juin 2013

Silhouette de Jean-Claude Mourlevat.

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Jean-Claude Mourlevat...je garde un très bon souvenir de cet auteur grâce à une lecture oralisée pendant mes études de L'Enfant Océan.

Je recherchais un texte dôté d'un grand pouvoir imaginaire et j'étais certaine de profiter de ce voyage avec cette dernière parution de Mourlevat.

Silhouette est composé de dix nouvelles.Des nouvelles fortes et cruelles, avec des personnages qui s'apparentent à des héros ordinaires.

Les situations sont mystérieuses et les velléités des différents personnages sont vouées à l'échec. Les chutes de chacune des nouvelles vont clore de manière brutale et pleine de sens l'univers que l'auteur réussit brillamment à mettre en place.

J'ai ressenti parfois le vertige qu'offre la littérature lorsqu'elle nous emporte très loin du quotidien. Chaque nouvelle renferme le désir ou la quête d'un personnage qui seront anéantis. Les personnages sont plutôt mélancoliques mais l'humour noir apporte beaucoup de vivacité à la narration.

On assiste, dans un climat étrange, aux vanités des uns et des autres, qui ne nous sont pas totalement étrangères.

La narration très réaliste avec des lieux précisément décrits nous confortent dans l'idée que ce peut être l'histoire de Monsieur ou Madame tout le monde. La fatum frappe, la chute tel un couperet tombe sur le destin des personnages.

La dernière nouvelle est une très belle mise en abyme du pouvoir narratif et du sentiment d'injustice.

Silhouette de Jean-Claude Mourlevat, Scripto Gallimard, Janvier 2013.

lundi, 25 mars 2013

Tempête au haras de Chris Donner.

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Jean-Philippe est né sur la même paille qu'un poulain, le même jour, au haras de son père. Il grandit en compagnie des chevaux, apprend à marcher grâce à la jument qui l'a vu naître. L'osmose entre l'enfant et l'animal est très singulière. Un rêve l'obsède, celui de devenir jockey. Le destin s'en mêle et le prive de ses capacités physiques lorsque Tempête la jeune pouliche lui brise la colonne vertébrale. Fort d'une abnégation sans faille, Jean-Philippe poursuivra ses efforts pour mener à bien son rêve.

Chris Donner nous offre une très belle histoire de complicité entre l'enfant et l'animal, un grand moment de bravoure et la chute inattendue est très belle. Le message de ce livre parle, j'en suis convaincue, aux jeunes lecteurs comme aux moins jeunes. J'ai particulièrement apprécié l'acceptation du jeune garçon sur son handicap qu'il surmonte avec sagesse.

Livre lu dans le cadre de l'opération Prix Sorcières 2013.
Je remercie Libfly et Ecole des Loisirs pour cette belle découverte.

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mardi, 19 mars 2013

Le Panier de Jean Leroy, illustré par Matthieu Maudet.

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L'univers du conte plein de noirceur est revisité sous la plume de Jean Leroy. Le texte très épuré nous emporte sur le chemin du conte classique. On découvre une vieille sorcière, laide et méchante qui aime à sortir de chez elle, uniquement pour ramasser des champignons empoisonnés. Lors d'une sortie, elle découvre dans un sentier, un panier abandonné. Quelle ne fut la surprise de cette vilaine sorcière en découvrant au creux du panier un bébé?! Elle prend la fuite devant ce bébé effrayé par son nez crochu. Une fois chez elle, fera-t-elle preuve d'un infime instinct maternel? Après avoir joué avec les caractères de l'ogre et de la sorcière, personnages typiques du conte classique, Jean Leroy s'amuse à aller au delà des apparences. La sorcière menaçante avec sa sempiternelle ritournelle "Moi qui n'aime rien ni personne, comme d'habitude, on me le rend bien" va envoûter nos apprentis lecteurs jusqu'au surprenant dénouement.

Les images découpées en ombres de Matthieu Maudet apportent beaucoup de force au propos et éveillent à l'imagination.

La chute est très jolie, après avoir frissonné, les auteurs privilégient l'innocence du bébé souriant.

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Livre lu dans le cadre de l'opération Prix Sorcières 2013.
Je remercie Libfly et  Ecole des Loisirs pour cette belle découverte.

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lundi, 18 mars 2013

Black out de Brian Selznick.

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Brian Selznick est l'auteur du célèbre roman  L'Invention d'Hugo Cabret. L'histoire se passe aux Etats-Unis à deux époques différentes.

Nous rencontrons, Ben, en 1977.Il vit chez son oncle et sa tante depuis la mort de sa mère. Orphelin de père qu'il ne connaît pas , sourd d'une oreille, il fait ce rêve incessant d'être poursuivi par des loups. Soucieux de renouer avec ses origines, il retourne dans la maison maternelle où il découvre "Le Cabinet des curiosités". Son désir de rejoindre la ville de New-York se réalise et il part sur les traces de son père.

L'histoire est entrecoupée par des pages illustrées, un peu à la manière de Lorenzo  Mattotti.

 

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Rose vit en 1927, elle est sourde. Elle se passionne pour l'actrice  Lillian Mayhew. Elle apprend dans un article de presse sa venue à New-York pour un concert. Elle souhaite plus que tout se rendre à ce concert. Qui est Lillian Mayhew?

On suit l'aventure de ces deux jeunes gens, à des époques différentes mais reliées entre elles par cette quête d'identité. Le roman graphique sublime la narration, la succession texte/image prend tout son sens et révèle une maîtrise parfaite de l'intrigue. Les illustrations sont très riches tant dans les scènes de la ville de New-York avec un angle de vue cinématographique que dans les portraits rapprochés des personnages. Le thème de la surdité est très documenté et finement analysé.

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Partez à la découverte de secrets de familles, de recherches au Musée d'histoire naturelle pour une très jolie aventure en compagnie de Ben et Rose.

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Black out, Brian Selznick, mars 2012.

 Roman lu dans le cadre de l'opération Prix Sorcières 2013.
Je remercie Libfly et les éditions Bayard jeunesse pour cette belle découverte.

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mercredi, 13 mars 2013

Emile est invisible de Vincent Cuvellier et Ronan Badel.

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Voilà un album fort pertinent! Emile est un petit garçon, très impertinent. Soucieux d'échapper au plat d'endives au jambon de sa maman, il se persuade qu'il est invisible. Il observe donc les plats préparés et louche déjà sur la mousse au chocolat. Il ne se contente pas seulement de la regarder et sa maman le rappelle à l'ordre. Surpris d'être encore visible, il condamne sa moustache au chocolat. Mais très vite, il se rend compte qu'il demeure toujours visible aux yeux de sa maman.

Il décide alors de se déshabiller, convaincu que ses vêtements le trahissent.Persuadé qu'il est dès lors invisible, il répond à l'appel de sa maman qui l'informe d'une surprise au salon: la visite de sa copine!

 

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Emile a des lubies qui plaisent beaucoup aux enfants. L'identification permet aux apprentis lecteurs de porter un grand intérêt aux aventures du petit garçon. Il semble persuadé qu'en voulant quelque chose, tout de suite ses voeux sont exaucés. J'aime beaucoup la cocasserie de cet album!

Album  lu dans le cadre de l'opération Prix Sorcières 2013.
Je remercie Libfly et les éditions Gallimard pour cette belle découverte.

 

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mercredi, 06 mars 2013

Les Monstres de là-bas d'Hubert Ben Kemoun.

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Je participe aux lectures communes proposées par Libfly dans le cadre du Prix sorcière 2013. 

La remise des Prix Sorcières décernés par un Jury composé de membres de l’ASLJ et de l’ABF aura lieu à Villeurbanne, lors de la journée professionnelle de la Fête du Livre jeunesse, le vendredi 12 avil à 17 heures.

LES NOMINÉS AUX PRIX SORCIÈRES 2013 SONT…

Albums tout-petits
• ABC Bestiaire, Janik Coat – Autrement
• Plus, I.C. Springman et Brian Lies – Minedition
Fourmi, Olivier Douzou – Rouergue
• Super Nino, Michaël Escoffier et Mathieu Maudet – Frimousse
• 2 yeux ?, Lucie Félix – Les Grandes Personnes

Albums
• Akim court, Claude K Dubois – L’école des loisirs et Amnesty international
• La maison en petits cubes, Kenya Hirata et Kunio Kato – Nobi-Nobi
• Les lettres de l’ourse, David Gauthier et Marie Caudry – Autrement
• Le facteur Quifaiquoi, Ruth Vilar et Arnal Ballester – La Joie de lire
• Le mille-pattes, on le dessine comme on veut, Jean Gourounas – Rouergue

Premières lectures
• Le panier, Jean Leroy et Mathieu Maudet – L’école des loisirs
• Emile est invisible, Vincent Cuvellier et Ronan Badel – Gallimard Jeunesse Giboulées
• Les monstres de là-bas, Hubert Ben Kemoun – Éditions Thierry Magnier
• Meslama la sorcière, Jennifer Dalrymple et Julia Wauters – Escabelle
• Lulu et le brontosaure, Judith Viorst et Lane Smith – Milan

Romans junior
• Black-out, Brian Selznick – Bayard jeunesse
• Je m’appelle Mina, David Almond – Gallimard
• Tempête au haras, Chris Donner et Adrien Albert – L’école des loisirs
• Le cœur en braille, Pascal Ruter – Didier jeunesse
• La Bande à Grimme, Aurélien Loncke et Adrien Albert – L’école des loisirs

Romans ados
• Quelques minutes après minuit, Patrick Ness et Jim Kay – Gallimard jeunesse
• Max, Sarah Cohen-Scali – Gallimard
• Revolver, Marcus Sedgwick – Éditions Thierry Magnier
• Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs – Bayard
• Les trois vies d’Antoine Anacharsis, Alex Cousseau – Rouergue

Documentaires
• Cartes – voyage parmi mille curiosités et merveilles du Monde, Aleksandra Mizielinska et Daniel
Mizielinski, – Rue du monde
• La mémoire de l’éléphant, Sophie Strady et Jean-François Martin – Hélium
• Dictionnaire fou du corps, Katy Couprie – Éditions Thierry Magnier
• Toutes les maisons sont dans la nature, Didier Cornille – Hélium
• Prises de vue, David Groison et Pierangélique Schouler – Actes Sud junior

Je vais découvrir les titres dans les catégories Premières lectures et Romans 9/12 ans.

Je commence aujourd'hui par vous présenter Les Monstres de là-bas d'Hubert Ben Kemoun, paru aux Editions Thierry Magnier en Septembre 2012.

Nelson voyage seul pour la première fois sur un grand bateau. Il va se rendre chez Fubalys, sa correspondante.Il fait la traversée de l'estuaire en deux heures.Il découvre ensuite la famille de Fubalys, qu'il trouve encore plus jolie que sur les photos.Mais une atmosphère pesante se profile. Lors de la découverte de la ville de Brick-City, quelques détails étranges vont intriguer de plus en plus Nelson.

"Elle ne lui en avait pas parlé dans ses lettres. Il pensa qu’il ne serait pas très poli d’y faire la moindre allusion alors qu’il venait d’arriver."

Passée la magie des premiers instants, Nelson découvre que le père de Fubalys a six doigts à chaque main.Puis très vite, il se rend compte que Fubalys a également douze doigts.Il ne dit rien...

Lors d'une sortie à la plage, Nelson est de plus en plus perturbé. Sa correspondante a deux nombrils.

"Il ne voyait plus la ravissante fille qui lui plaisait tant à la lecture de ses lettres, mais une fille différente...Monstrueuse!"

Comment avait-elle pu lui cacher de telles horreurs? devant l'étonnement de Nelson, Fubalys le questionne sur sa difformité à lui, celle de ne pas avoir deux pouces comme tout le monde.

Perturbé, Nelson décide de s'enfuir, de retourner chez lui, là où les gens sont normaux.

Ce petit roman évoque brillamment la question de la normalité, en littérature jeunesse. La focalisation externe donne au texte toute sa tonalité humoristique. Je reprocherais cependant la difficulté du lexique, parfois, pour de jeunes lecteurs. Ce court texte permet la réflexion sur la différence entre les individus et sa chute est surprenante, elle fait tout le sel de ce roman.

Roman lu dans le cadre de l'opération Prix Sorcières 2013.
Je remercie Libfly et les éditions Thierry Magnier pour cette belle découverte.

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samedi, 23 février 2013

La Robe rouge de Nonna de Michel Piquemal et Justine Brax.

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Nonna raconte l'Italie de son enfance, son père qui rêve d'un monde meilleur, l'arrivée des fascistes avec leurs chemises noires...jusqu'à l'épisode de la robe rouge, rouge comme le refus, la révolte.

Je trouve rarement un album jeunesse sur l'Italie et celui-ci est un véritable coup de coeur! Enfin un très bel album sur l'histoire de mon pays d'origine, sur mes racines et puis tant d'échos à ma jeunesse lorsque dans les cours de récréation, on m'appelait "la macaroni"!

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Pourquoi la famille de nonna est venue en France? è una lunga storia...

 Le père de nonna était ouvrier, un "senza dio" car il n'allait pas à l'église. Cet album évoque la montée des nationalismes et l'arrivée du Duce, Mussolini, en 1922.  Les "camicie nere" arpentaient les rues et faisaient régner la terreur.

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Nonna porte une robe rouge, couleur des communistes alors les "camicie nere" l'ont un jour obligée à se déshabiller. Dès lors, Nonna et ses parents prirent la route pour la France.

Nonna a vraiment existé et l'histoire qu'elle raconte est une histoire vraie. Elle a eu lieu dans les années 1920, une période très noire de la vie politique italienne.

La Robe rouge de Nonnaillustre parfaitement la chanson populaire du peuple italien "Bella Ciao". Chanson de protestation chantée à l'origine par les femmes qui travaillaient dans les rizières de la plaine du Pô et se plaignaient de la dureté de leurs conditions de vie. "Bella ciao" est un hymne à la lutte antifasciste des partisans( la Résistance italienne contre les nazis). La chanson s'est répandue dans l'Europe entière, pour devenir un symbole de toutes les luttes populaires pour la liberté.

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Les couleurs chatoyantes, la beauté du texte et l'écho à ma propre histoire m'ont beaucoup émue...

La Robe rouge de Nonna de Michel Piquemal (inspiré par l'histoire de la grand-mère d'Isabelle Chatellard) et Justine Brax, Albin Michel Jeunesse, 2013.

 

vendredi, 08 juin 2012

Le Monde dans la main de Mikaël Ollivier.

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Un samedi après-midi, sur le parking d'Ikéa, la mère de Pierre, notre adolescent narrateur, s'en va. Lui et son père vont devoir apprendre à vivre sans elle et surtout sans explication. Ce roman s'ouvre sur la fuite de la mère. L'histoire est tendre, sensible et drôle à la fois. Le titre et la première de couverture révèlent leur magnifique signification en fin de roman au détour de deux passages des plus émouvants. 

La vie de Pierre va basculer après le départ de sa mère, et au fil des pages, nous découvrons les secrets de famille et la perception de l'adolescent narrateur lorsque sa vie routinière se délite. Les portraits sont très intenses, tour à tour vulnérables, sensibles et fragiles.

Le message du roman est très riche de sens. On grandit en même temps que Pierre et on prend plaisir à lire ce roman sur la jeunesse. Parfois, il m'arrive de craindre l'ennui en ouvrant la littérature pour jeunes adultes mais avec ce type de roman, nous sommes très loin de la littérature massive et thématique, qui use et abuse des mêmes codes et registres.

Le texte de Mikaël Ollivier est très délicat et nous livre un très beau message:  sortir de sa coquille et surmonter ses peurs pour vivre intensément le présent.

J'ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir en écoutant Gnossienne d'Erik Satie.

Merci à Nota Bene pour le partage de ce coup de coeur!

Roman publié chez Thierry Magnier en Août 2011.

samedi, 21 avril 2012

Je m'appelle Mina... de David Almond.

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J'ai repéré ce roman jeunesse chez Gaëlle. J'étais curieuse de découvrir le journal intime de Mina.

Mina est une petite fille d'une dizaine d'années qui aime jouer avec les mots. « Les mots devraient flâner et vagabonder. Ils devraient voler comme les chouettes, voleter comme les chauves-souris, et se faufiler comme les chats. Ils devraient murmurer, crier, danser et chanter. »

Elle adore la nuit et la liberté. Elle écrit son journal intime avec beaucoup de fantaisie. Elle nous raconte ses réflexions et ses désirs. A l'origine de ce journal, vient un événement qui a bouleversé la vie de Mina. Elle a été retirée de l'école à cause de son comportement trop bizarre, dixit la maîtresse. Depuis lors, Mina fait l'école en pyjama à la maison, avec l'aide de sa maman.

Elle évoque l'ombre de son père disparu. Avec une imagination débordante, perchée en haut de son arbre elle scrute la vie des voisins. C'est avec une grande liberté qu'elle noicit les pages de son journal où s'enchaînent poésies, réflexions, jeux de mots, activités hors pistes.

J'ai beaucoup aimé ce roman jeunesse très poétique de cette petite fille sensible qui se pose énormément de questions sur la vie, la mort, l'école et le pouvoir des mots.

Comme j'accompagne quelques enfants en homeschooling, j'étais curieuse de voir comment David Almond allait décrire le quotidien d'une enfant déscolarisée et à l'écart des autres. Certes, Mina raille les turpitudes d'esprit de sa maîtresse (le passage sur l'inspection obligatoire des enfants déscolarisés est très amusant!)et ne veut pas être un mouton de Panurge. Néanmoins, j'ai beaucoup apprécié la nuance des propos dans le passage sur l'établissement spécialisé. Un visage plus humain est accordé à l'institution éducative et on comprend bien que Mina est un personnage inadapté à l'univers uniforme des écoles.

Voici un livre original par sa forme: alternance de pages blanches, pages noires, pages vides, de listes...L'inventivité verbale est omniprésente et la traduction rend toute la vivacité des propos de Mina.  


Un très beau voyage à travers l'enfance qui me donne l'envie de découvrir Skellig, autre roman de David Almond dont Mina se fait l'écho. Mina est un personnage à mi-chemin entre la Ninon de Maud Lethiellieux dans Dis oui Ninon et Toto Chan la petite fille à la fenêtre de Tetsuko Kuroyanagi. Une petite fille pétillante et qui se montre enthousiaste sur les questions de la vie qu'elle aborde avec beaucoup de philosophie.

 Traduit (anglais) par Diane Ménard, Gallimard Jeunesse, 2012.

Un grand merci Gaëlle !

 

mardi, 21 février 2012

Jenna Fox, pour toujours de Mary E Pearson.

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Jenna sort du coma. Etrangement, elle se rappelle de nombreux souvenirs de sa petite enfance malgré son amnésie. Pour quelles raisons ses parents sont venus se réfugier à l'Ouest des Etats-Unis?  Pourquoi sa grand-mère Lily la fuit? Pourquoi ses parents ont-ils filmé ses anniversaires jusqu'à l'âge de 17 ans? Jenna semble bien plus que les vidéos d'enfance qu'on l'oblige à regarder. Le roman progresse de réponse en question. Nous vivons avec l’héroïne, à ses côtés, à la première personne, l’élucidation du mystère.

Jenna est prisonnière de sa propre vie. Ce roman d'anticiption oscille entre thriller et réflexions philosophiques. L'aspect dystopique et SF de ce roman n'ont pas ma faveur en terme de lecture; néanmoins j'ai su apprécier les thèmes soulevés avec brio par l'auteur: l'identité, les limites de la technologie, de la bioéthique et du désir de vie éternelle.

Mary E. Pearson dresse avec finesse un très bon roman d'anticipation qui ouvre la voie à la réflexion sur la vie et ses valeurs.

"N'est-ce pas ce qui fait la vie? Des morceaux. Des lambeaux. Des moments. Suis-je moins parce que j'en possède moins? Ou ceux que je possède sont-ils les plus importants?"

Merci à  Nota Bene pour ce choix judicieux lors du Swap 2012.

Ce livre est paru aux éditions Les Grandes personnes, réédité chez Gallimard jeunesse pôle fiction. J'ai très envie de lire la suite L'Héritage Jenna Fox.

mardi, 18 octobre 2011

Sobibor de Jean Molla.

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Emma, une jeune adolescente, est anorexique. Quand elle est triste, en colère ou qu'elle a des idées noires, elle mange tout ce qu'elle trouve et court se faire vomir aux toilettes. Alors imaginez sa réaction quand sa grand-mère qu'elle admire tant meurt, et qu'en emballant ses affaires, Emma découvre un vieux cahier, "Le journal de Jacques Desroches". Cette découverte fera ressurgir du passé des secrets bien gardés par ses grands-parents. Emma apprendra leur véritable histoire...

La découverte d'un journal intime permet de croiser deux subjectivités et deux intimités, celles d'un personnage en position de lecteur, et celles d'un personnage en position de diariste. Jean Molla excelle dans ce procédé narratif. Ma libraire m'a confié ce livre en me relatant ses impressions de lecture et je suis restée moi-même très heurtée par la force des personnages et le contenu de ce roman qui entremêle la petite et la grande Histoire. Ce n'est pas juste un énième roman sur l'anorexie mais une aventure de l'intériorité pour ce personnage féminin qui a le droit à un ailleurs dans l'espace-temps.

Formidable roman comme un devoir de mémoire à remettre entre toutes les mains.

Edité chez Gallimard scripto en septembre 2003.

jeudi, 18 août 2011

Le dernier jour de ma vie de Lauren Oliver.

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Samantha s'apprête à vivre une journée tant attendue au lycée, celle du 14 Février. Elle retrouve ses amies lycéennes, son petit ami, reçoit des roses comme à l'accoutumée et finit sa soirée par une fête alcoolisée. Et puis vint l'accident. La fumée dans la voiture, le crissement des pneus et le vide terrible. Mais le matin revient et Samantha ouvre les yeux et va revivre cette même journée plusieurs fois.

Dès l'ouverture du roman et le récit de la première journée, je me suis demandée si j'allais poursuivre la lecture tant les personnages me révulsaient. Mais Lauren Oliver a beaucoup de talent pour offrir aux lecteurs un roman sur la quête d'identité du jeune adulte. Samantha, jeune fille superficielle et haineuse va évoluer au fil du roman dans cette réitération de la même journée. Ce roman aborde la question des choix judicieux ou non, des limites à s'imposer et du poids de chacun de nos actes. Au fil des pages, le roman devient plus dense et outrepasse les délires mesquins de la jeunesse américaine futile et révoltante.

Le regard de lecteur change sur ce personnage en devenir et ce procédé littéraire m'a séduite. De plus, le thème de la mort en littérature jeunesse me fascine. Je ne suis pas très adepte de la littérature pour jeunes adultes mais je me réjouis de lire un bon roman bien construit et sans vampires!

Merci aux éditions Hachette Jeunesse et à  News Book.

 

mardi, 18 janvier 2011

27 premières d'Audrey Calleja

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                                       (Carte de voeux Les lectures de Bauchette merci merci merci!)

" Il y a des moments qu'on n'oublie jamais.

Des premières fois succèdent aux premières fois et on devient soi-même."

Je souhaitais vous présenter cet autre album d'Audrey Calleja que j'aime beaucoup! voici réunies 27 illustrations des premières fois dans la vie d'une femme. Tous ces moments importants que l'on garde présents à l'esprit, Audrey Calleja les a mis en images.

 

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Les premières règles succèdent au premier tour de manège,au premier vélo,  à la première chute, au premier baiser échangé au pied de l'arbre, à la première pièce volée dans le porte-monnaie de maman pour s'acheter une confiserie, le temps des questionnements aussi: Qui suis-je? D'où je viens? Où je vais?

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Ensuite vient le temps de l'attente...du prince charmant,du premier régime,  du premier vote, du premier bébé et de la première séparation.

 

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Une amie à qui j'ai offert cet album, soulignait le fait qu'après le mariage et l'enfant, les premières fois sont plutôt tristes: premier loto, première réunion Tupperware, premier regard sur un corps vieillissant,  premier jour à la maison de retraite, première leçon d'auto-défense, première visite au cimetière. 

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi cet album est un bijou riche de sens à offrir à beaucoup de femmes!

Album édité chez L'atelier du poisson soluble. 

dimanche, 09 janvier 2011

Pensées éclairs...de l'école des profiteroles de Michel Piquemal, illustrations Audrey Calleja.

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Voici livrée à votre sensibilité une véritable somme de pensées profondes. D'aucuns y verront un exercice de style sympathique destiné à égayer les emballages de papillotes, d'autres auront la naïveté suffisante pour y trouver de la poésie. Certaines étiquetteront ces bizarreries du label neutre mais technique de "formes brèves", mais leurs voisins, ou leurs frères peut-être, s'enthousiasmeront pour ces leçons de choses un rien décalées.

 

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Je ne manque jamais la parution d'un livre illustré par Audrey Calleja.Je possède 27 Premières que je ne manquerai pas de présenter prochainement. L'auteur illustre les 27 premières fois dans la vie d'une femme et cet album est très riche de sens. Je suis tombée sous le charme de ses illustrations. Le trait naïf de ses petits personnages me plait beaucoup. Je vois une certaine similitude des dessins au crayon de Kitty Crowther.

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J'admire le talent d'écriture de Michel Piquemal dans la collection Piccolophilo. Je ne me lasse pas de relire ces petites pensées éclairs si joliment illustrées et propices à la réflexion.

Editions l'Edune, collection Papillotes.